À la recherche de l’Atlantide par Colin Thompson

Un grand-père baroudeur sans frontières lègue à son petit-fils sa plus grande quête, la seule qu’il n’ait pas accompli: la découverte de l’Atlantide. Le jeune garçon part alors à l’aventure d’une manière originale: il va chercher l’Atlantide en regardant le monde différemment.

Le texte laisse place à l’illustration à mesure que l’on tourne les pages. Colin Thompson crée des illustrations totalement surréalistes, gonflées d’une multitude de détails, à l’instar d’un Où est Charlie? sans Charlie et il nous emmène dans un voyage merveilleux.

Décrochez et laissez-vous porter.

Blues Bayou par B Lacombe et D Cytryn

Voici l’histoire d’Amy et de James, deux enfants du Bayou qui bravent les interdits sociaux en étant amis malgré leurs couleurs de peau différentes.

Un jour que leur barge chavire, un vieil homme solitaire, l’ogre du Bayou, les recueille et les initie au jazz et au blues.

Parler de racisme et de ségrégation, de différences et d’ouverture sur un thème musical avec une histoire entre frissons, aventure et alligators? Pas de problème, c’est merveilleux.

Merci à Daniela Cytryn pour ses illustrations d’un calme intense et puissant. Petit florilège!!

  

  

  

                                     ça swingue ! !

Mon beau jardin par C-A Duffy et R Ryan

Cet ouvrage est la rencontre parfaite entre deux univers:

Celui d’une poétesse écossaise contemporaine qui raconte en prose, comme un conte, la vie d’une petite fille, sa relation à la nature et à la mort;

Et celui d’une illustratrice qui pratique la découpe en dentelle de papier (www.misterrob.co.uk).

Elles réussissent à traiter d’un sujet grave, sans tabous et avec beaucoup de poésie et de douceur.

Contours du jour qui vient par Leonora Miano

Le Mboassu est un pays imaginaire d’Afrique équatoriale anciennement colonisé sorti tout droit de la tête de Leonora Miano. Camerounaise d’origine, elle vit en France depuis 1991. Elle refuse le misérabilisme et se tourne résolument vers la nouvelle génération, porteuse d’espoir. Dans ce roman, la scène se déroule après une longue guerre, le pays étant exsangue et les enfants, les premiers à en souffrir. En effet, incapables de les élever, leurs parents les chassent, prétextant qu’ils leur portent malheur, qu’ils sont ensorcelés.


Elle était venue aussi, Sésé. La prétendue voyante, la diseuse de nos mésaventures. Le jour où tu m’avais pendue à cet arbre, tu n’avais pas encore eu le courage de me m’ôter la vie. Tu m’avais seulement battue jusqu’à ce que je perde connaissance. Tu m’avais ensuite détachée pour laver mes plaies en pleurant, et mise au lit en murmurant que maintenant tout se passerait bien. Le démon qui m’obligeait à me repaître de vies humaines m’avait quittée. Je deviendrais bientôt une enfant comme les autres, et on n’aurait plus besoin de m’emmener à l’hôpital pour soigner ce mal incurable qui me rongeait le sang. 

Victime expiatoire des adultes, ces enfants vivent dans la rue où règne une violence quotidienne: tel est le destin de Musango, une fillette de 9 ans que sa mère abandonne suite au décès de son compagnon de fortune. Traînant avec les enfants de la rue, la petit fille partage la vie quotidienne des orphelins livrés à eux-mêmes. Elle découvre l’horreur des enfants soldats, les sectes et ces filles envoyées en France se prostituer. Durant trois années, elle sera recueillie par plusieurs personnes, parfois malveillantes qui cherchent à l’exploiter, parfois à l’inverse synonymes d’une conscience à jamais gravée dans la tête et le coeur des hommes.


Où aller en partant de nulle part? Je peinerais à leur expliquer ce qu’il m’est impossible de prouver mais que je sens en moi: qu’être au monde confère le droit de vivre. Qu’exercer ce droit doit signifier un peu plus que repousser comme on peut la mort qui finira quand même par avoir le dessus. Qu’il faut chercher ceux qui ne vous cherchent pas, marcher vers les autres. Il y aura bien quelqu’un, même ici. Toutes les portes ne sont pas fermées. Tous les regards ne fixent pas les ténèbres. Toutes les bouches n’appellent pas la fin du monde. Tous les coeurs ne sont pas irrémédiablement glacés. Il y a encore un battement, quelque chose qui se dresse contre les apparences, qui voit par-dessus leur épaule, une autre vérité. Sur notre terre brûlée, quelque chose pousse encore. Je n’ai cessé de le voir, depuis que tu m’as chassée.  J’ai rencontré Kwin, Ayané, Wengisané, Mme Mulonga. J’ai même appris de Kwédi. Elles ne pouvaient pas tout, mais elles pouvaient beaucoup. Elles étaient la lumière frêle mais indéniable, qui brille sur l’autre face de l’obscur.

La jeune fille, dont le prénom signifie “paix” en Douala, cherche à revoir sa mère et essaye de lui pardonner. Musango va se construire son identité, en renaissant par elle-même, au plus profond de l’âme de ce continent. 


Tu as lambiné comme je le fais maintenant, avant de te rendre là où il fallait bien que tu ailles, puisqu’on ne pousse pas sans terre. C’est là que mes pas me conduisent, après une longue marche dans Sombé. Je découvre la ville comme je ne l’ai jamais connue, et même pas supposée.


Le chemin parcouru de Ishmael Beah

Ce témoignage d’Ishmael Beah nous livre, à vif, les atrocités de la guerre et dénonce cette folie humaine. Quand les adultes peinent à comprendre comment un enfant peut déployer tant de férocité, son récit poignant et symbolique lui donne l’arme des mots. Lui donne une voix.

Ce que j’ai vécu avant, pendant et après la guerre a fait de moi ce que je suis maintenant. 

Par son travail d’écriture, il redevient maître de sa vie. Il la recompose, mixant scènes d’aujourd’hui et cauchemars d’hier. Il pratique son exorcisme par le verbe. Et il n’est pas seul; par sa voix, nous entendons celle de tous les autres enfants-soldats, déchirés et déshumanisés, des enfants qui parfois auront la chance et le courage, comme Ishmael, de pouvoir vivre une seconde vie. 

Il interpelle aussi la communauté internationale qui se doit de réagir, d’agir tout court, comme il l’a fait maintes fois auparavant… aux Nations Unies, à l’Unesco, au sein de conférences sur la condition des enfants dans le monde. Il sait qu’il n’est pas seul dans son combat pacifique puisque de nombreux témoignages nous parviennent.

Ishmael a 12 ans quand la guerre civile embrase la Sierra Leone, son pays. Tous les siens sont assassinés. Il s’enfuit alors au hasard dans la forêt, entre villages incendiés et monceaux de cadavres. Recruté de force par des “rebelles” dans une petite troupe affamée, droguée et hagarde, on le transforme en machine à tuer, en enfant-soldat.

Quinze ans plus tard, sauvé de cet enfer par une mission humanitaire, Ishmael se souvient et raconte cette inimaginable enfance, au-delà du bien et du mal, de la pitié et de l’horreur.

Rien de plus précieux que le repos de Yamina Benahmed Daho

Ne vous y trompez pas. Ce texte court et bien léché de Yamina Benahmed Daho nous entraîne loin, dans le temps et l’espace. Déjà la couverture, illustrée par Joëlle Jolivet, préfigure la beauté simple du texte.

Une histoire de choux et d’imagination, dans une plantation de coton au bord du Mississipi en 1863 où Tommy, esclave, invente un nouveau jeu, pour s’évader en prenant garde de ne pas bafouer les règles sévères des maîtres.

1_ Toujours se tenir debout.

2_ Laisser une distance d’au moins un mètre entre chaque esclave.

3_ Rester muet.

4_ Ne rien prendre avec les mains.

5_ Garder les pieds liés. 

Puis finalement, dans la folie des hommes, retrouver sa liberté ou tout simplement redécouvrir la beauté de la vie en dansant avec une femme sous un feu d’artifice coloré. Une petite histoire et la grande Histoire, pour jouer collectif afin de libérer la puissance de la liberté.

C’est d’un conte qu’il s’agit, limpide, simple, puissant, superbement maîtrisé. Il coule, parfois violent et impétueux, et charrie la lumière d’un monde où les hommes jouent collectif, chacun maître de soi-même. Il court, ce petit texte, et fait longuement son chemin dans l’esprit du lecteur. La liberté reste toujours à conquérir.

“Michel Abescat, Télérama”

Lettres de Lo de Camille Pouzol

Lo écrit des lettres; à Marika, Olivier, Maman, au Président des USA, à sa star préférée et à un mystérieux “cher quelqu’un”. Elle nous dit sa vie, ses bonheurs, son premier amour, les coups de blues et autres trahisons, les premières fois et les “plus jamais ça!”. Lo aime la vie, surtout quand tout va bien; elle est fougueuse et pleine de principes, elle nous fait rire et pleurer, elle nous interpelle malgré elle.

Lettres de Lo est un roman d’apprentissage qui traite de l’évolution d’une adolescente. On y aborde tous les sujets légers ou plus graves tels que l’anorexie d’une de ses amies ou l’inquiétant “vais-je fumer cette cigarette?” Les réflexions de la jeune fille sont assez fines et mûres dans leur contenu, fraîches et impertinentes dans leur forme. Lo a une sacré plume et elle le sait.

Plongez dans leur lecture, vous ne craignez rien. Allez, je vous en prête une:

Lettre au Père Noël, quoi!

23 décembre

Cher Père Noël,

Je sais, à 15 ans, avec un vrai petit ami et une moyenne aussi médiocre en maths, on devrait raisonnablement ne plus trop croire en toi. Mais que veux-tu, c’est la période. Et puis, on va dire qu’il n’y a qu’à toi que je vais m’autoriser à dire exactement ce que je voudrais. Mettons que ce soit Noël (même si c’est effectivement Noël), mais mettons que ce soit Noël où les voeux se réalisent, sans limitation de nombre et sans obligation de réalisme; OK? Cette année, je voudrais:

_ la paix dans le monde. Ou, tout au moins, un semblant d’apaisement;

_ qu’on m’explique une fois pour toutes la dimension politique de L’Etranger de Camus;

_ un chien. C’est la treizième année consécutive que je la tente. Maman, qui est particulièrement cruelle en ce moment, m’a répondu hier: “Quand le chat sera mort.” Je suis sûre que Pompon a entendu;

_ une veste en velour lisse (vert sombre);

_ le dernier album de Robbie Williams (le best-of) et sa biographie secrète, mais ça, discrètement, maman est contre. Trop sulfureux;

_ qu’Olivier soit toujours comme ce matin. Quand je me suis réveillée et qu’il me regardait dormir depuis vinght minutes (c’est lui qui le dit, et bon, je l’aime, je le crois…);

_ que maman et papa ne soient pas trop en toupie quand ils sauront que quand je dors chez Marika, je dors chez Olivier;

_ faites aussi que Marika puisse enfin sortir avec Gilles. Et que, donc Gilles casse enfin avec Sonia;

_ tant que j’y pense, bottes hautes vieil or, talon de plus de cinq centimètre (donc interdit par le code de la mode selon ma mère) chez Mosquito (38, merci);

_ ce serait bien que maman et papa, une fois qu’ils sauront que je dors avec Olivier deux fois par mois (quand ses parents sont à Trouville), ne soient pas, disons, trop dévastés émotionnellement par le fait qu’on ne fait pas que dormir…;

_ je rêverais que mon frère arrête sa période rap américain. C’est tellement out;

_ enfin, je voudrais qu’on passe encore un chouette Noël. Papa qui râle contre “la tradition débile”, mais qui va toujours acheter le sapin le plus haut possible. Maman qui m’envoie chercher la bûche glacée aux marrons en hurlant: “Vérifie que les petits champignons sont bien au chocolat au lait!” Mon frère qui menace:” Moi, j’ai rien pour personne”, alors qu’il planque des paquets dans sa chambre depuis novembre… Lorraine qui se fait un chignon, Marika et sa mère qui arrivent en avance, le chat que j’attrape pour lui mettre un ruban doré, la table avec la nappe blanche, mamie qui a les yeux qui brillent et qui regarde toujours vers le ciel pour sourire à papy. Et, j’espère, Olivier. S’il échappe à Trouville. Olivier, dans ma famille, à qui je tiendrais la main sous la table. Un vrai beau cadeau. Merci pour tout, fais ce que tu peux pour ma liste. Les enfants passent en priorité, je sais.

Je t’embrasse.

Lo.

Bonne lecture!

Terrienne de Jean-Claude Mourlevat

Une jeune fille au bord de la route rencontre un écrivain fatigué.

Une piste. C’est ce qu’e Anne attend et recherche depuis un an; quand sa grande soeur a disparu le lendemain de son mariage. Sur les traces de son aînée, Anne va passer dans l’autre monde. Ce monde où elle n’est pas la bienvenue, dans lequel elle n’existe pas. Un monde dont les habitants ne respirent pas donc ne rient pas, n’ont pas de sentiments, d’émotions ou même d’imagination. Un lieu où respirer nous conduit à la mort, où tout est calculé pour être neutre, blanc, asceptisé.

Nous sommes…dans le monde. C’est vous qui n’y êtes pas vraiment; les gens d’ici ne croient pas en vous, d’ailleurs, c’est très mal considéré d’y croire. Si j’en parlais, je passerais pour une folle et on me soignerait. Comme ceux qui prétendent voir des fantômes ou des extraterrestres chez vous. En fait, vous êtes un fantôme pour moi. N’empêche je crois en vous.

On découvre le dernier roman de Jean-Claude Mourlevat avec un plaisir sans cesse renouvelé. Bien rythmé, une narration maîtrisée pour une histoire haletante dont la montée en puissance nous coupe littéralement le souffle. On se surprend à retenir notre respiration, à sourire au soleil qui réchauffe notre peau, à chercher le moindre son, à apprécier la plus douce odeur, la vie. Pourtant Mourlevat ne nous laisse pas nous en sortir si facilement, il n’y a jamais un monde bien et l’autre mauvais. Rien n’est tout blanc ou tout noir, aussi ouvrez les yeux, levez la tête et savourez ce roman trépidant.

Merci monsieur Mourlevat.

Bonne lecture!

Un jour, de Morris Gleitzman

Once and Then

Un jour, Morris Gleitzman découvre l’histoire de Janusz Korczak, médecin et écrivain juif polonais qui s’est occupé de jeunes orphelins juifs durant la guerre. Un jour, il raconte.

On pourrait se dire: encore un roman sur l’Holocauste! Oui, mais avec Félix, 10 ans, fils d’un coupe de libraires juifs polonais, on peut tout recommencer.

Félix est le narrateur de son histoire: il nous plonge au coeur de la Pologne de 1942, dans un orphelinat catholique au sein duquel ses parents l’ont placé avant de disparaître. Il croit farouchement à leur retour, puisqu’ils ont promis et, en les attendant, il leur invente des histoires. Un jour, il part à leur recherche parce que les nazis brûlent les livres juifs, et s’engage dans un périple mouvementé au coeur duquel il sauve Zelda, 6 ans, virulente et étonnante petite fille seule. Ensemble, ces deux petits êtres traversent une Pologne dangereuse, piquée d’antisémitisme primaire et mitée par les nazis.


En deux parties, Un jour et Alors, Félix nous raconte son quotidien et son espoir, mais aussi l’insoutenable, la mort, la peur, la faim avec toute la naïveté l’imagination dont est capable un enfant. Marqué par sa croyance en ses parents et sa volonté de vivre, Félix nous livre un récit magistral comme on en a jamais lu, émaillé de réflexions enfantines, porté par ses histoires, pour nous dire l’indicible et comment on y survit, tant bien que mal.

“Cette histoire, c’est mon imagination tâchant de saisir l’inimaginable. Leurs histoires sont les vraies histoires.” Morris Gleitzman

La liste au Père Noël de Lor

Quelques idées de dernière minute tout de même si l’envie vous prend d’offrir à vos proches un bon roman ou un album fraîchement illustré.

Pour plus de clarté, je vais vous classer par âge ma sélection. N’oubliez pas que ce n’est qu’une indication… À vous de juger!

Pour les petits lions, de 3 à 5 ans:

_ “L’histoire du lion qui ne savait pas écrire” de Martin Baltsheit et Marc Boutavant - tout est dans le titre, une jolie histoire d’amour emplie d’humour pour les garçons et les filles;

_ “La princesse qui n’avait pas de royaume” de Ursula Jones et Sarah Gibb - une histoire originale avec des illustrations à la Michel Ocelot, c’est divin pour les filles;

_ “Des nouvelles de mon chat” de Gilles Bachelet - le troisième volet des aventures du chat qui est un éléphant, réjouissant et burlesque!             

Pour les petits lions qui lisent tous seuls, de 6 à 9 ans:

_ “Conversation avec un gâteau au chocolat” de Martin Page - ou l’histoire tendre d’un petit garçon qui se lie d’amitié avec… son gâteau au chocolat;

_ “Journal d’un chat assassin” de Anne Fine - Tuffy ne mâche pas ses mots et nous raconte ses mésaventures dans cette famille qui ne comprend décidément pas sa vie de chat;  

_ La série “Pavillon noir” de Alain Surget - pour les moussaillon(ne)s qui rêvent d’aventures;

_ “La plus grosse bêtise” de Evelyne Brisou-Pellen - le pendant du Journal d’un chat assassin pour les fans de chien!                                                      

Pour les futurs grands lions, de 9 à 12 ans:

_ “La ballade de Cornebique” de Jean-Claude Mourlevat - roman burlesque pour ceux qui aiment les boucs, les banjos et les concours d’insultes!

_ “Les Chroniques du Marais qui pue” de Paul Stewart et Chris Riddell - la parodie des romans fantastiques à ne pas louper;

_ La trilogie “La Quête d’Ewilan” de Pierre Bottero et ces petites soeurs “Les Mondes d’Ewilan”, ” Le Pacte des Marchombres” et “L’autre” - parce que Pierre Bottero est décidément le meilleur auteur de romans fantastiques;

_ “Verte” et “Pomme” de Marie Desplechin - pour les jeunes filles qui en ont assez des roman “de fille”, suivez Verte, petite sorcière pas tout à fait douée;

_ “La princesse transformée en steak-frite” de Christian Oster - petit conseil à tous les princes en mal d’aventure: évitez de courir après les princesses le ventre vide;

Pour les grands lions, de 12 à … ans:

_ “Vango” de Timothée de Fombelle - voir ma chronique;

_ “Qui es-tu Alaska?” de John Green - un héros masculin qui est fasciné par une fille ensocelante et totalement géniale, un groupe d’amis originaux et un goût des blagues XXL jusqu’au drame qui va bouleverser tout ce microcosme. Puissant; 

_ “La disparition d’Anastasia Cayne” de Gregory Galloway - un bon thriller pour finir l’année;

_ “Accrocs” de Gilles Abier - un original recueil de nouvelles dont le fil directeur est un lycée; entrecroisement d’histoires, de personnalités;

_ “Quatres soeurs” de Malika Ferdjoukh - en quatre tomes, l’histoire de quatre soeurs qui vivent dans une grande maison depuis la mort de leurs parents;

Voilà, je m’arrête là avant que vous ne soyez plus perdus que convaincus!

Encore une fois, passez de bonnes fêtes petits et grands lions!

Les Fêtes!

Bonjour à tous,

Je me fais un peu rare ces temps-ci et j’en suis désolée; le travail à la librairie est très prenant à cette période!

Dès que les fêtes seront passées, je reviendrais vers vous avec de nouveaux livres et albums!

Bonnes Fête à vous!

Jah Guidance

Bon site à voir !! Donne de bonnes idées de lectures.

Tous pareils, petites pensées de sagesse caribou de Édouard Manceau

 

D’où Edouard Manceau a-t-il tiré son idée d’utiliser des CARIBOUS pour illustrer son magnifique album? 

À travers un texte très simple, quelques phrases posées sur les pages, il nous donne à réfléchir comme jamais: notre chemin nous amène à rencontrer des individus tous si différents, mais au fond, ne sommes-nous pas Tous pareils? Un vrai tour de magie! 

Des caribous très simples, quelques touches de couleurs, du vert et du orange, un graphisme percutant… Et bien voilà une formule magique qui fonctionne à merveille!

Je vous laisse déguster tranquillement ces petites pensées de sagesse caribou en vous offrant quelques illustrations!

À déguster avec autant de délice: Si tous les éléphants s’appelaient Bertrand… du même auteur.

Bonne lecture!

Vango de Thimothée de Fombelle

C’est parti, Thimothée de Fombelle s’est lancé dans les romans jeunesse et on dirait qu’il n’a pas l’intention de s’arrêter. Tant mieux pour nous!

Sa plume se lance à l’assaut d’une période historique qui a déjà fait couler beaucoup d’encre: nous sommes en 1934, sur le parvis de Notre-Dame. Le roman s’ouvre sur une course-poursuite délirante dans les rues et les airs. Une fois, encore, Thimothée de Fombelle nous fait voyager dans son imagination, de Paris à la Sicile, en passant par l’Écosse. Cette fois-ci, pourtant, on passe beaucoup de temps dans les airs avec les très fameux Zeppelins, sur fond de montée du nazisme. 

Alors, qui est Vango? Qu’y a-t-il dans son passé, qui vaille la peine qu’on le pourchasse à ce point? Le mystère est porté à son comble, on avance dans le roman comme dans un brouillard épais, sans jamais vouloir le lâcher. Parce que Vango nous intrigue, ainsi que les personnages qui gravitent autour de lui, parfois sans avoir conscience de sa présence. Parce que l’Histoire n’est pas la plus importante. Elle n’est qu’un décor dans lequel Vango se débat. Un héros qui n’en est pas un, tout comme l’était Tobie Lolness. 

Histoire à suivre dans le second opus: Un prince sans royaume.

Bonne lecture!

Oh boy! de Marie-Aude Murail

Indescriptible, puissante, magique. Telle est l’écriture de Marie-Aude Murail. En quelques mots, bien ficelés sans fioriture, elle nous embarque dans l’univers de ces trois enfants, Morgane, Venise et Siméon. Trois enfants tous juste orphelins qui ont décrété que personne ne les séparerait, jamais.

Il y a Siméon Morlevant, 14 ans. Maigrichon. yeux marron. Signe particulier: surdoué, prépare actuellement son bac.

Morgane Morlevant, 8 ans. Yeux marron. Oreilles très décollées. Première de sa classe, très proche de son frère. Signe particulier: les adultes oublient tout le temps qu’elle existe.

Venise Morlevant, 5 ans. Yeux bleu, chevaux blonds, ravissante. La petite fille que tout le monde rêve d’avoir. Signe particulier: fait vivre des histoires d’amour torrides à ses Barbies.

Alors ils cherchent qui pourra les adopter. Et ils trouvent deux noms. Deux personnes qui se détestent, diamétralement opposées. Avec leurs yeux d’enfants, chacun à sa manière et définitivement liés entre eux, ils vont les disséquer ces adultes pour ne plus vivre au foyer où l’assistante sociable les a parqués. 

On retrouve au fil des 200 pages du roman, le style bien particulier de cette auteure, des personnages bien croqués, des thèmes durs tels que le suicide, la maladie, l’adoption…, l’évolution psychologique fine des personnages, et son indiscutable anti-conformisme porté par l’humour.

Bref, à lire, parce que l’on passe du rire aux larmes en deux phrases; parce que c’est un petit roman qui fait du bien.

Bonne lecture!